La Bête et la Belle

Chorégraphie et mise en scène  Kader Belarbi

Musique  Ravel, Ligeti, D'Aquin, Haydn

Coordination musicale  Philippe Hersant

Décors et costumes  Valérie Berman

Lumière  Marc Parent

Assistant chorégraphe  Stéphane Elizabé

 

 

LE CONTE TRADITONNELS

Les adultes souvent ignorent ce que les enfants savent déjà, que les contes de fées - sous les couleurs du merveilleux - recèlent des vérités plus sombres.

La Belle et la Bête est de ceux là, qui met en scène l'effroi d'une jeune fille humble, promise par son père à un monstre mi-homme mi-animal, en échange d'une rose volée au jardin de ce seigneur redoutable.

La fable - dans son inquiétante étrangeté - transpose les mutations de l'adolescence, traduisant l'éveil de la sensualité et la naissance du désir. La Belle découvrira peu à peu - au-delà des apparences -  une bête si humaine qu'elle éprouvera un sentiment de compassion menant à l'amour.

Et la Bête, dit le conte, se transformera en prince charmant.

 

NOUVELLE VERSION

S'éloignant du récit de Mme de Villeneuve (1740) et du conte de Mme Leprince de Beaumont (1756) qui ont déjà fait l'objet de nombreuses adaptations chorégraphiques, Kader Belarbi se livre à une variation sur le thème, riche en prolongements psychanalytiques et résonances sociales.

Réinterprétant cette fable comme le symbole du refus et de l'acceptation de la différence, son ballet La Bête et la Belle, en inversant le titre, décale aussi le propos: la Bête est moins un homme transformé en animal que le révélateur de l'animalité qui est en nous.

Cette histoire d'une transgression: la Bête va s'humaniser, tandis que la Belle finira par surmonter sa répulsion et dépasser ses inhibitions pour trouver en elle le chemin du coeur et du corps, et s'ouvrir à l'autre.

Pourtant le traditionnel dénouement heureux ("ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfant") se dérobe… l'improbable "prince charmant'", stéréotype plébiscité, n'est-il qu'un fantasme?

 

LE BALLET

Jouant de travestissements et de métamorphoses, procédant par allusions qui renvoient aux mythes de la mémoire collective, les images scéniques sembleront s'emboiter les unes dans les autres et se déboiter comme des poupées gigognes. Une mise en scène construite "en miroir", le début et la fin du ballet se faisant écho.